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mardi, septembre 22, 2009

Ballade pour un dernier baiser

Mon désir crie famine, tu es un mets de choix.
Quand j'aiguise mes crocs, je ne pense qu'à toi.
Fuis, fuis, ô mon agnelle, devant l'ombre qui bruit.
Car tu ignores tout de ce qui s'y tapit.
Si tu oublies ces mots au mépris du danger,
Tu connaîtras ta fin en un mortel baiser.

Je suis le loup, j'avance, me faufile et m'esquive
Guidé par ton parfum. Fauve dont tu avives
Les instincts de chasseur, de mordeur. Je te suis.
Je suis le prédateur. Toi, la proie qui le fuit.
Si tu penses quand-même à ne pas t'échapper
Tu connaîtras ta fin en un mortel baiser.

Par-dessus ton épaule, ne te retourne pas.
Échappe-toi bien vite des chemins incertains.
Crains ma douce agonie et, au bout de mes mains
Les griffes qui sans peine s'insinueront en toi.
Si la peur ne vient pas ta porte verrouiller
Tu connaîtras ta fin en un mortel baiser.

ENVOI :
Quand je t'aurai, enfin, au détour d'un fourré,
Quand tu seras piégée dans ma gueule de loup,
Tu sentiras mon souffle et mes crocs sur ton cou
Et connaîtras ta fin en un mortel baiser.

mercredi, juillet 25, 2007

La Peur

Spéciale dédicace à Bourgui qui m'a précédemment trouvé Lovecraftien, là je me lâche carrément :

La Grande Bête habite une caverne, au fond de la vallée.
Cette nuit, la lune lui chatouille les écailles de ses rayons et elle
S’ébroue. Elle se dresse sur ses pattes, elle hurle. Les villageois au loin
Se serrent, se répètent « C’est le vent, c’est le vent, ce n’est rien. »
Les épouses rappellent leurs maris, les parents visitent leurs enfants
Dans leurs lits. Ceux-ci se tiennent sans bouger, ne font pas de bruit,
Semblent morts. La peur engendre la peur, et cette nuit la Bête
Doit se repaitre. Les volets claquent, les portes...

La Grande Bête, réveillée, s’élance, du fond de la vallée.
Cette nuit, elle s’envole, au-dessus des nuages, des forêts
Elle obscurcit le ciel, rugissante, battant les arbres et les pâturages
De ses grandes ailes membraneuses. A l’air libre, son cri résonne
Sans entrave. Les villageois sentent les murs trembler, du plâtre tombe
Des toits, recouvrant tout d’un linceul blanc. Blancs sont
Les murs. Blancs sont les gens. Blanche est la peur, et cette nuit la Bête
Est en chasse. Les enfants pleurent, et crient.

La Grande Bête guette le village, ses serres plantées
Cette nuit, elle hume l’air, ses naseaux frétillent. Elle sent
L’odeur du sang, l’odeur de la peur, l’odeur des enfants.
Rien ne bouge plus. La scène est figée. On entend plus que
Ses feulements. Un, deux. Un, deux. La lune est claire. La Bête,
Presque déçue, s’élève de nouveau. Son envol effleure le clocher,
Les toits. Les villageois prient leur dieu. Ils se serrent les uns contre
Les autres. Mais la peur reste. Ils savent. Ils savent que leur cauchemar
Jamais ne finira. Un jour, bientôt, la Bête reviendra.

'No (je veux être un Lovecrate)

dimanche, février 26, 2006

Morceaux choisis (2)

Dans la série "Mes vieux trucs dont je n'ai toujours pas honte aujourd'hui" : Une autre petite poésie mignonette :

Temps
Prends deux minutes dans ta main
Laisse passer entre tes doigts
Laisse passer les petits grains
De ta vie qui s'effrite en toi
Sable, sable, incessant progrès
Scandé par ce que ton coeur sait
Mécanique fuite du temps
Ta main est vide maintenant
Bonne semaine.

mercredi, janvier 25, 2006

Morceaux choisis (1)

Pas envie de faire trop d'efforts aujourd'hui, je fais une spéciale dédicace à Bourgui qui apprécie mes vieilleries :

X
X, tu n'es rien, tu es tout, tu es sain
Tu es fou, tu es sage ou mauvais
Tu es bon ou inquiet. Perpétuellement faim
Ou repu, tu es brave ou perdu, tu le sais
Mais ta route est tracée, comme ta destinée
Tu te cherches toi-même, tu fuis ceux que tu aimes.
Tu es fort et chétif, un muscle cognitif
Tu penses, tu agis, tu pleures, tu souris.
Ta colère est tendresse. De tes poings tu caresses.
Tu marches sans bouger, ailleurs tu veux rester.
Tu es noir comme nuit, et doucement tu luis
Tu es pure énergie, tu es vide absolu
Tu es ce qui détruit, ce qui crée, ce qui tue.
Tu es unicité, tu es dualité
Tu es tout, tu n'es rien, néant infinité.
'nuff said, et bonne nuit.